AMR explore la mémoire traumatique, sa manifestation corporelle et sa métamorphose à travers l’Art Tableaux évoluant souvent vers la sculpture et le théâtre.
Dans son atelier et lors de résidences, l’expérience demeure la même : entrer en relation avec l’Autre, cet autre semblable et singulier. Les modèles se renouvellent et se multiplient ; pas de limites quant à leur provenance, leur âge et leur condition de vie : jeunes étudiants aux Philippines, migrant-e-s en France, recycleurs-ses et habitants de rue en Colombie, femmes et hommes fragilisées.
Les œuvres d’AMR s’imposent par leur force et présence énigmatique, les êtres-figures émergent dans l’espace à la fois indéfini et intemporel.
Elle nous entraîne dans une perte de repères totalement troublante qui nous questionne sur ce que nous sommes et ce que nous regardons, sur nos origines et notre finitude.
AMR cherche toujours, un peu plus, à repousser les frontières esthétiques, humaines et philosophiques. Dans des formats qui oscillent entre la taille humaine et la petitesse, l'œuvre se déploie dans l’espace et interroge, à travers le choix de ses supports et de ses formats, les notions de limites et de l'occupation spatiale par les corps.
Les supports et techniques eux-mêmes se diversifient : intervention à la pierre noire sur les tirages (Mummy), collages mêlant visuels et dessin (Madonnes à la massue), impression sur de grands laies (polyptiques), dessins spontanés au fusain, bandes sonores, installation …
Elle revendique un travail dans la lenteur et une économie de moyen où les accessoires, souvent des objets recyclés, sont transformés et laissés au temps.
Au final, pas de lieu ni de date, mais une rencontre authentique qui se joue avec les êtres et les corps. L’artiste rend à la scène son pouvoir cathartique. Les émotions se libèrent sur la scène, les corps parlent d’une certaine forme de violence subie et de leur capacité de résilience.